09.04.2006

LE 8e DANS LA TOURMENTE


Le village de Diên Biên Phu Novembre 19653


LE GRAND 8e CHOC DANS LA TOURMENTE DE DIÊN BIÊN PHU

I'évocation de Diên Biên Phu aux non-initiés renvoie presque toujours, de façon quasi exclusive, aux âpres combats du 13 mars au 7 mai 1954.

Peu savent que la célèbre cuvette a été saisie par surprise dès le 20 novembre 1953 au prix de l'opération aéroportée la plus importante jamais réalisée par les armées françaises dont l'aviation a largué quatre mille cinq cents hommes et gaines et 240 tonnes de matériel en quatre jours.

Cette opération baptisée « Castor» réussie, la plupart des bataillons parachutistes rentrent sur Hanoï pour se remettre en condition et se replacer en position de réserves générales pour toute l'Indochine, sauf deux bataillons qui restent dans la cuvette: le 1 er Bataillon étranger parachutiste et le 8e Bataillon de parachutistes de choc pour lesquels le maintien sur zone est loin d'être un séjour tranquille.

Les grandes batailles ont souvent pris le nom de la ville qui en était l'enjeu: Verdun, Stalingrad... Elles sont tellement auréolées du souvenir des sacrifices qu'on en oublie presque les prémices et le cadre géostratégique.

Tel est le cas de la bataille de Diên Biên Phu dont il n'est pas inutile de rappeler les caractères généraux et les conditions d'emploi des troupes.

Située dans le Tonkin oriental, à soixante kilomètres du Laos, à cent vingt kilomètres de la Chine, à 350 kilomètres de Hanoï, la cuvette de Diên Biên Phu est le plus vaste bassin de la Haute région indochinoise (16 kilomètres de long et 7 de large). Elle est le carrefour des routes vers la Chine, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et l'Annam.

La ville elle-même dont le nom signifie « grand chef-lieu d'administration frontalier» a toujours attiré nombre d'envahisseurs. Elle fut tour à tour ravagée par les Chinois, les Méos, les Thaïs et les Siamois.

C'est un général siamois qui en 1887 en remet l'administration à un receveur des Postes, Auguste Pavie, un ancien marsouin. La route qui rejoint Laï Chau vers le nord porte le nom de « Piste Pavie ».

En 1920, l'administration française décide d'y construire un aérodrome qui sera rallongé et amélioré par les Japonais en 1944.

Voici ce qu'écrit Jules Roy dans « La Bataille de Dîen Bîen Phu» : « Dans cette cuvette que les aviateurs auront vite baptisée « pot de chambre» tous les généraux ont rêvé de s'y installer. Giap a jugé cette position capitale pour qui la possède et dangereuse pour lui s'il n'en déloge pas l'adversaire. Du passage des Japonais il restait un aérodrome, des Français, un poste dont la photo de l'époque montrait un capitaine en casque colonial, la canne à la main en compagnie de son lieutenant et d'un chien. Comme Salan, Navarre veut s'y installer. Devant une carte au cent­millième, ça se défend. Pour qui s'y jette en parachute ou marche dans les montagnes, le mythe s'évanouit ».

La cuvette est traversée du nord au sud par la rivière Nam Youm et la route provinciale numéro 41. Tout autour, des sommets boisés dominent la plaine, s'élevant entre 1000 et 1300 mètres, la vallée elle-même est à 400 mètres d'altitude.

Depuis son abandon par les troupes françaises en 1952, la cuvette de Dîen Bîen Phu est tenue par le régiment viêtminh 148 de la division 316.
Le nouveau commandant en chef de l'Indochine, le général Navarre qui a succédé au général Salan, décide le 7 mai 1953 d'évacuer le camp retranché de Na San (qui a permis de briser l'attaque viêtminh en lui infligeant de lourdes pertes) et, en quelque sorte, de le « transplanter» à 130 kilomètres plus au nord-ouest, dans la cuvette de Dîen Bîen Phu.

Outre l'avantage politique de protéger le Laos qui vient de proclamer son indépendance, la cuvette offre la double possibilité d'accueillir des avions de transport pour de futures opérations aéroportées démultipliées et de permettre l'emploi des blindés (Navarre est un cavalier).

A Na San, le général Salan a réussi un coup de maître en infligeant un échec cuisant aux forces viêtminh.

Pourquoi ne pas tenter de récidiver à la frontière laotienne? Le raisonnement tient la route, sauf que trois facteurs ne sont pas pris suffisamment en considération:
- l'éloignement de Hanoï, à 350 kilomètres, rend la zone tributaire du double appui aérien, transport et feu;
- la météo locale très variable, susceptible d'interdire les mouvements d'avion dont la zone est entièrement dépendante;
- et surtout, le fait majeur (déterminant) : la République populaire de Chine, désormais dégagée de son engage­
ment militaire en Corée depuis la signature d'un cessez-le-feu le 27 juillet 1953, va pouvoir accroître son aide
au Viêt-minh: artillerie, armement, munitions, matériel divers et moyens de transport.

Néanmoins, le général Navarre lance le 20 novembre 1953 les opérations « Castor» et « Pollux » : la première, « Castor », vise à occuper la cuvette de Dîen Bîen Phu par surprise et la seconde, « Pollux », à replier la garnison de Laï Chau sur Dîen Bîen Phu.

Au matin du 20 novembre 1953 à 7 heures, le général Gilles, commandant les troupes aéroportées en Indochine, donne, de son avion PC, l'ordre de largage aux soixante-cinq Dakota en attente à Hanoï :

- à Il heures, le 6e BPC de Bigeard renforcé de la 17 CGP et du 3SC RALP (soit six cent cinquante hommes)
sautent sur la zone de saut « Natacha» au nord-ouest de la cuvette;
-le II/1 er RCP de Bréchignac (cinq cent soixante-dix hommes) sur la zone de saut « Simone» au sud ainsi que
le PC du lieutenant-colonel Fourcade (futur chef de corps du « 8 »), commandant le GAP 1 ;
- à 15 heures saute le 1 er BPC de Souquet, complété par des appuis d' artillerie et une antenne chirurgicale
(sept cent vingt hommes).

Le lendemain 21 novembre sont largués:

- le 1er BEP de Guiraud (six cent soixante-quinze hommes) ;
- le 8e BPC de Tourret (six cent cinquante-six hommes) ainsi que le général Gilles et son état-major; - le PC du GAP2 du lieutenant-colonel Langlais.


Le 22 novembre, le 3e BPC devenu SC BPYN (prononcer Bawan) de Bouvery (six cent cinquante hommes) saute à son tour.

Le 23 novembre voit le largage de 240 tonnes de matériel en deux cent trente-huit missions aériennes.

Au total quatre mille cent quatre-vingt-quinze parachutistes et gaines ainsi que 240 tonnes de matériel sont largués sur la cuvette de Dîen Bîen Phu. C'est la plus grande opération aéroportée française de tous les temps.

La piste d'aviation est rapidement remise en état, le premier C47 Dakota s'y pose le 25 matin. La base aéroterrestre prend forme. Laérotransport de troupes non parachutistes peut commencer. A partir du 26 novembre arrivent :
- un bataillon de légionnaires (13e DBLE);
- quatre bataillons de tirailleurs (1 er, 3e, 7" RTA et 4e RTM) ;
- un bataillon thaï (2e) ;
- un escadron de cavaliers (1 er RCC) équipé de chars Chaffee démontés puis remontés.

­


04.04.2006

Il prit le destin du régiment en main Avril 1961



Le chef de bataillon Victor Chaudrut qui prit le destin du régiment en main et le sortit d'un mauvais pas certain.

Victor Jean Chaudrut est né le 30 août 1914 à Coutras en Gironde. Saint-cyrien de la promotion « Soldat Inconnu» (1936-1938) il est en 1940 à la tête du Corps Franc du 57e RI.

Son incroyable audace, qui lui vaut deux palmes sur la croix de guerre, fait de lui le lieutenant le plus décoré de l'armée française. Fait prisonnier, il n'a de cesse que de s'évader au point que les Allemands l'enferment dans la célèbre forteresse disciplinaire de Colditz. Là, avec l'aide d'officiers étrangers, il va se lancer dans le percement d'un tunnel, initiative qui sera reprise pour thème dans le film de La Grande Évasion.
Après un séjour à Madagascar (1946-1949) il rejoint la Demi-brigade des parachutistes coloniaux où il aura la particularité d'être le seul à avoir été trois fois chef de corps: du 10e BPCP en Indochine en 1953, du 2e BPC à Marrakech (1954-1955) avant que le bataillon ne devienne 6e RPC et du 4e BCCP à Dakar (1956-1958) avant que celui-ci ne devienne 7e RPc. Il rejoint le 8e RPIMa le 28 août 1960 comme commandant en second. En avril 1961, son attitude droite et courageuse face à un commandement défaillant a pour effet de préserver le régiment. Il doit quitter le service actif le 30 juin 1964.

Titulaire de huit citations (dont trois à l'ordre de l'armée) et de la médaille des évadés, le lieutenant-colonel Chaudrut a été fait commandeur de la Légion d'honneur par le colonel Guilleminot le 3 juin 1994 dans le quartier Fayolle.

Le colonel Chaudrut a assumé la présidence de l'Amicale des anciens du « 8 » de 1983 à 1993.

Chef de corps 1960



Le lieutenant-colonel Albert Lenoir.

Il a commandé le 3e BPC en 1955, avant de devenir l'adjoint du lieutenant-colonel Bigeard, dans le même bataillon devenu régiment.

Comme second, il commande le « 3 }} par intérim pendant la convalescence du chef de corps, blessé dans un attentat à Bône.

En 1958, il est dans l'équipe qui crée l'école d'entraînement à la guerre subversive près de Philippeville.

En 1959, il est affecté à l'état-major d'Alger.

Du 24 août 1960 au 8 mai 1961 il commande le 8e RPIMa. Surnommé <> }} ou <> par ses homologues, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1961.


ORDRE DE BATAILLE


Chef de corps Lieutenant-colonel Albert Lenoir
Commandant en second Chef de bataillon Victor Chaudrut
Chef d'état-major Chef de bataillon Christian Ducomet
Médecin -chef Médecin commandant Bernard Nansot


1 re compagnie
Capitaine Jean-Claude Hoppenot
Lieutenant Bernard Lescure
2e compagnie
Capitaine Raymond Rullet
Lieutenant Christian Dentin

3e compagnie

Capitaine Jacques Allaire

4e compagnie
Capitaine François Ancelin
Lieutenant Henri Salaun

CA

Capitaine Jean Javelaud
Lieutenant Jean Pharamin

CP

Lieutenant Maurice Remaud
Lieutenant Gilbert Vilo


CCS

Capitaine Michel Guillermet

Chef de corps 1958



Le lieutenant-colonel Hubert de Seguins-Pazzis.
Prend le commandement du 8e le 6 Aout 1958
Saint-cyrien, issu de la cavalerie, il demande sa mutation dans l'infanterie coloniale pour son premier séjour en Indochine.

En 1954, aux côtés du colonel (puis général) de Castries, il commande l'état-major du GONO (Groupement opérationnel nord-ouest).

À Diên Biên Phu, il est fait prisonnier à la chute du camp.

Promu colonel en 1959, pendant son temps de commandement au « 8 », il est nommé ensuite chargé de mission au cabinet de Louis Joxe, ministre d'État en charge des Affaires algériennes.

En 1967, il commande la lIe Division parachutiste. En 1971, avec le rang de général de corps d'armée, il est nommé représentant français à l'OTAN. En 1974, il est versé en deuxième section des généraux du cadre de réserve.



ORDRE DE BATAILLE

Chef de corps: Lieutenant-colonel Hubert de Seguins-Pazzis
Commandant en second Chef de bataillon Guy Kohler
Médecin chef: Capitaine Gérard Crochet

1" compagnie Capitaine Jean Lantrua
Compagnie portée Capitaine Raymond Delobe
2e compagnie Capitaine Antoine Biancamaria
Compagnie d'appui Capitaine Yves Leguen
3e compagnie Capitaine Yvan Tommasi
4e compagnie Lieutenant Jacques Formeau
Compagnie de commandement et des services Capitaine Jean Dutriez

8e RPC créé mai 1956

Le 29 septembre, un peu moins d'un an après son arrivée sur le sol d'AFN et le jour de la saint Michel, le 8e BPC est dissous par décision ministérielle n° 14029/EMA du 2 septembre 1955 et incorporé au 2e RPC, nouvellement

8e Bataillon de parachutistes coloniaux
Témoignage de satisfaction
QG du Général commandant le Sud Constantinois 25 septembre 1955

« Le 8e Bataillon de parachutistes coloniaux quitte la zone opérationnelle des Aurès après un séjour de plus de onze mois.

Au cours de cette période, soit comme unité d'intervention, soit comme unité de secteur, sous les ordres du commandant Kohler et du capitaine Dobbels, le 8" Bataillon de parachutistes coloniaux a déployé une activité inlassable et fait preuve d'une résistance physique remarquable. En dépit des conditions matérielles sévères, de circonstances parfois difficiles, il a constamment fait preuve des qualités d'enthousiasme et de persévérance dans l'œuvre d'assainissement et de pacification entreprise dès les premiers jours de la rébellion.

Le Général commandant civil et militaire des Aurès Nementchas exprime aux cadres et à la troupe de ce bataillon sa fierté d'avoir eu sous ses ordres cette magnifique unité. )}



195 6

LE 8e RÉGIMENT DE PARACHUTISTES COLONIAUX

Au printemps 1956, le gouvernement décide de rappeler au service actif six classes du contingent.

La Brigade des parachutistes coloniaux se trouve ainsi soudainement sollicitée pour l'incorporation de plus d'un millier d'anciens parachutistes, officiers, sous-officiers et militaires du rang.

À l'époque la Brigade est très dispersée:
- la maison mère, la brigade, est à Bayonne et à Mont-de-Marsan;
-le 2e RPC (régiment d'appelés) et le 3e RPC (régiment d'engagés) sont en Algérie; -le 4e BCCP est en Afrique occidentale française (Dakar et Thiès);
- le 5e BPC est à Madagascar (Tananarive et !vato) ;
- la CPC est en Afrique équatoriale française (Brazzaville).

Dans le cadre général de la réorganisation des unités de parachutistes colonial et en vue de renforcer en AFN le groupement parachutiste d'intervention, secrétaire d'État aux Forces armées «Terre» prescrit par décision ministérie n° 7734/EMA/IOS la création du Se Régiment de parachutistes coloniaux.

Ce régiment est créé à compter du 1er mai 1956 au sein de la Brigade de parachutistes coloniaux et Sur le territoire de la 5' Région militaire. Ses garnisons de rattachement sont Perpignan et Rivesaltes.

Par message n° 35 469/TC/PO/3 du général directeut des forces coloniales en date du 26 avril 1956, le lieutenar colonel Louis Fourcade est désigné pout prendre le commandement du Se Régiment de parachutistes colonial composante de l'élément opérationnel de la 25 Division parachutiste.

ORDRE DE BATAILLE

Chef de corps Lieutenant-colonel Louis Fourcade
Commandant en second Capitaine Paul Mourier
Commandant major Chef de bataillon Raoul Orsini
Officier adjoint Capitaine Lou is Chomette
Officier adjoint Capitaine Robert Charles
Officier renseignement Capitaine Robert Bole du Chaumont
Officier transmission Capitaine Henri Kamiski
Médecin-chef Capitaine Henri Robert


1er compagnie Capitaine Raymond Dupau
2e compagnie Lieutenant Gérard Faussurier
3e ecompagnie Lieutenant Roger Decours
4e compagnie Capitaine Yves de Kerros
Escadron Capitaine Françis de Wild
Compagnie d'appui Capitaine René Le Page
Compagnie de commandement et de soutien Capitaine Daniel Pradère-Niquet


Le lieutenant-colonel Fourcade :

Né à Tarbes le 14 novembre 1909, le sous-lieutenant Louis Fourcade sort de Saint-Cyr en 1931 (promotion Mangin) dan: l'infanterie coloniale.

Affecté au 8' RTS à Toulon, il ne tarde pas à rejoindre l'AOI où il découvre plusieurs pays dans lesquels va se forger son expérience africaine.

1936, c'est le retour à Toulon, au 4' RTS. Il saisit alors l'occasior de passer le brevet d'observateur d'aviation, puis reste une année au sein d'une escadrille à Marignane. Rappelé par l'Arme, il si retrouve en Indochine en février 1938.

En Europe, la guerre éclate, l'Asie se déstabilise.

Le capitaine Fourcade combat alors les Japonais mais à la têtl d'une... escadrille. Destin étrange du seul marsouin ayant jamai commandé une formation aérienne pendant sa carrière.
Le 25 septembre 1940, commandant de bord de l'avion Potez 63.11 (le seul d'Indochine), il abat un Akajima 94 bimoteur de reconnaissance japonais. Il gagne sa première citation: une victoire aérienne... et une deuxième en 194. pour. .. une victoire navale contre deux jonques chinoises de haute mer!

Lors du coup de force japonais en 1945, c'est à nouveau les combats désespérés à un contre cent pour échapper l'extermination.

En 1946, l'Indochine retrouve la souveraineté française, c'est alors le retour vers la France: Fréjus, puis Vannes puis la création de la Demi-brigade coloniale de commandos parachutistes. L'instruction en temps de paix n'est pas vraiment exaltante et l'Indochine a besoin d'hommes et surtout d'officiers de valeur. C'est alors, quelques années après l'avoir quittée, les retrouvailles avec la « terre jaune ».

Simple commandant, il est de suite convoqué par le « Roi Jean », le général de Lattre, commandant en chef en Indochine:
- Tu vas commander le 1erBataillon para qui est en train de battre de l'aile!
- Mon Général, répond le chef de bataillon Fourcade dans un garde-à-vous des plus rigides, je ne connais pas ( bataillon para qui batte de l'aile!

De Lattre sursaute, on ne lui répond pas ainsi. Qui oserait? Mais de Lattre est un chef qui connaît la valeur d, hommes. Le chef de bataillon Fourcade commandera donc le 1er BCCP.

Plusieurs mois après, nouvelle convocation et nouvelle orientation:
- Tu vas quitter ton bataillon, je te donne le commandement des commandos du Nord Viêt-nam. - Mon Général, je ne connais pas les commandos du Nord Viêt-nam!
- Je sais! Je viens de les créer répond-il d'un ton sec.
Puis le chef de bataillon Fourcade ajoute:
- Mon Général, vous m'avez dit que le 1er Bataillon para battait de l'aile mais il a gagné une citation... - Je sais!
- Et il va en recevoir une seconde...
- Je sais!

Suit alors une intense période d'événements et d'actions à la tête de ces commandos impliqués dans toutes les opérations les plus risquées, les plus audacieuses et parfois les plus désespérées.

Le commandant Fourcade, ancien du commando Conus et chef charismatique, vit tous les sursauts de la guerre d'Indochine jusqu'à la mise en place de Diên Biên Phu, où il commande le GAPl. Il ne connaît pas directement les affres de l'ultime bataille et est rapatrié le 30 avril 1954, une semaine avant la chute.

En France, il sert à nouveau à Fréjus, crée le centre d'instruction de la brigade para et devient chef d'état-major du colonel Gilles.

En 1956, le 8e RPC est créé, le lieutenant-colonel Fourcade en prend la tête jusqu'en 1959.

De 1959 à 1960, il est à nouveau à la brigade, à Bayonne.

De 1960 à 1961, il est adjoint au colonel commandant la 25" DP.

Le 30 septembre 1964, le général Fourcade fait ses adieux aux armes à Tarbes, après trente-trois années au service de la France.

Titulaire de dix-huit citations, dont onze à l'ordre de l'armée, deux fois blessé, le général Fourcade a été élevé à la dignité de grand croix de la Légion d'honneur le 21 décembre 1992
Il est décédé le 8 avril 2002 à Toulon





­